Rapport d’activités 2025

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SAMELY bilan d'activités 2025

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Rapport d’activités 2025

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> INTRODUCTION

     

L’association PEP 75 oeuvre depuis plus de 100 ans dans le champ de l’éducation populaire. Guidée par des valeurs de solidarité, de laïcité et d’inclusivité, elle développe des services permettant l’accès à l’éducation, aux loisirs, à la culture et aux vacances pour tous, en concours aux politiques publiques. Rattachée au niveau national à la fédération des PEP, elle s’appuie sur un maillage territorial fort, favorisé par les antennes départementales PEP locales.

Il y a 13 ans, le SAPAD de Paris, service académique soutenant la scolarité des élèves malades et piloté par les PEP 75, identifie une problématique spécifique de décrochage scolaire chez les élèves enceintes ou mères. Au sein de l’Éducation nationale, aucun statut ni dispositif dédié n’existe alors pour accompagner ce public singulier et particulièrement vulnérable, souvent éloigné des institutions et confronté à des ruptures multiples. Pour répondre aux besoins spécifiques des mères adolescentes et de leur enfant, l’association PEP 75 crée le dispositif SAMELY (Service d’Accompagnement des MÈres LYcéennes).

Depuis sa création, le SAMELY s’est imposé comme un dispositif indispensable pour garantir la continuité et la réussite des parcours scolaires des mères lycéennes, tout en veillant à la protection et au développement de leur enfant. Aujourd’hui présent dans six départements d’Île-de-France, le SAMELY intervient auprès d’un public jeune, majoritairement mineur, présentant de multiples vulnérabilités — scolaires, sociales, psychiques, économiques ou familiales. Il constitue un maillon essentiel de la prévention du décrochage scolaire et de la lutte contre les inégalités, en articulant accompagnement éducatif, soutien à la parentalité et coordination partenariale.

La reconnaissance du SAMELY par ses partenaires institutionnels, éducatifs, sociaux et sanitaires confirme la pertinence et la nécessité de son action. Cette dynamique partenariale, construite au fil des années, permet une approche globale et sécurisante des situations, au plus près des réalités vécues par les jeunes mères.

Les enjeux sont nombreux et déterminants : santé périnatale et mentale, lutte contre la pauvreté, prévention de l’exclusion et des violences, dans un contexte marqué par la reproduction des inégalités sociales et de genre.

Nous tenons également à exprimer notre profonde gratitude à l’ensemble des partenaires financeurs qui soutiennent le projet depuis sa création. Leur engagement fidèle et renouvelé rend possible la pérennité et le développement du dispositif, ainsi que l’adaptation constante de nos modalités d’intervention aux besoins des territoires. Ceci est aujourd’hui essentiel dans un contexte sociétale instable et dans un environnement marqué par des ressources budgétaires contraintes qui fragilise les dispositifs existants.

 

I. Présentation du SAMELY

1.1 Missions du dispositif
Le SAMELY aide les jeunes femmes à concilier leur vie de mère et d’élève. Il s’articule pour cela autour de trois missions :

  • La lutte contre le décrochage scolaire des élèves enceintes ou mères, en collaboration avec l’éducation nationale, en soutenant l’élaboration d’un projet d’orientation scolaire ou d’insertion professionnelle future.
  • La lutte contre l’exclusion et l’isolement social des jeunes femmes en favorisant la création d’un lien entre elles et avec les différents services et associations de leur territoire.
  • Le soutient à la parentalité des jeunes femmes et la mise en place du lien mère-enfant.
1.2 Public accompagné
Le dispositif s’adresse aux jeunes femmes enceintes ou mères, scolarisées ou souhaitant l’être dans un établissement relevant de l’Éducation nationale.
Il intervient auprès de jeunes femmes résidantes ou étant scolarisées dans l’un des départements suivants : Paris, Seine-et-Marne, Yvelines, Essonne, Seine-Saint-Denis et Val-d’Oise.

L’accompagnement débute une fois le délai légal d’IVG afin de ne pas influencer le choix de la jeune femme de poursuivre, ou non, la grossesse.

1.3 Modalités d’accompagnement
Le SAMELY offre un accompagnement global, gratuit et fondé sur la libre adhésion, d’une durée maximale de deux ans. Il associe deux approches complémentaires : un suivi individuel et des actions collectives, comprenant des ateliers thématiques, des stages et des séjours.L’accompagnement repose sur une équipe pluridisciplinaire composée de coordinatrices scolarité-insertion, formées au travail social, et de psychologues. Cette complémentarité permet un suivi individualisé des jeunes mères, prenant en compte les dimensions éducatives, sociales, parentales et psychiques.

Dans l’intérêt des jeunes femmes et de leur enfant, l’équipe adopte une démarche d’aller-vers. Les entretiens peuvent se dérouler au domicile des jeunes femmes, au sein de leur établissement scolaire, dans les locaux de partenaires de terrain ou dans tout autre lieu propice aux échanges.

Les coordinatrices scolarité-insertion identifient les obstacles à la scolarité et, avec les jeunes mères, élaborent des stratégies visant à lever les freins à leur investissement scolaire et parental. Elles travaillent en étroite collaboration avec les services médico-sociaux de droit commun
ainsi qu’avec le réseau associatif local, afin d’assurer l’information, l’orientation et l’accès aux droits des jeunes femmes.

Les psychologues assurent un accompagnement psychique périnatal destiné à soutenir le lien mère-bébé et à veiller à la santé mentale de chacun. Selon l’évaluation de l’état psychique maternel et de la qualité du lien mère-enfant, des orientations vers des structures de soins adaptées peuvent être proposées.

Les professionnelles de l’équipe mènent tout au long de l’accompagnement un travail visant à renforcer l’autonomie des jeunes femmes dans les démarches.

 

II. Profil des jeunes accompagnées

File active et profil du public en 2025 :

  • Nombre total de jeunes femmes accompagnées : 266
  • Âge moyen à l’entrée : 17 ans
  • Part de mineures : 58 %
  • Tranche d’âge : 11–23 ans

En 2025, l’âge moyen de 17 ans est plus bas que les années précédentes. Cette réalité, ainsi que la part élevée de mineures confirment la complexité des parcours et situe l’intervention du dispositif à un moment clé de construction des trajectoires scolaires, sociales et parentales.

L’amplitude d’âge observée, comprise entre 11 et 23 ans, met en évidence l’hétérogénéité du public accompagné. Elle implique une organisation capable de répondre à des situations très différenciées en termes de maturité, d’autonomie et de contraintes institutionnelles.

Répartition territoriale des accompagnements :

Le SAMELY s’inscrit dans une logique de travail en réseau, en articulation étroite avec l’Éducation nationale, les acteurs de la périnatalité, de la petite enfance, de la santé et du médico-social.

Le profil des jeunes suivies par le SAMELY s’appréhende également à travers les modalités d’orientation vers le dispositif, qui renseignent sur les acteurs à l’origine du repérage et de l’entrée dans l’accompagnement.

Services-orienteurs
La prédominance des orientations émanant de l’Éducation nationale et du secteur de la périnatalité confirme l’ancrage du SAMELY au croisement des enjeux scolaires, sociaux et de santé
1.4 2.1. Parcours scolaires et situation à l’entrée dans le dispositif
En 2025, 79 % des jeunes femmes orientées vers le SAMELY étaient scolarisées, tandis que 21% étaient en situation de décrochage ou déscolarisation récente. Si le décrochage peut précéder la grossesse, celle-ci augmente le risque de rupture scolaire en raison de la stigmatisation sociale, des contraintes physiques et médicales, de l’absence de modes d’accueil, ainsi que des tensions familiales ou violences qui peuvent s’accentuer au moment de la révélation de la grossesse.

Parmi les jeunes scolarisées, 62 % sont engagées dans des filières professionnelles.

La forte proportion de jeunes engagées dans des filières professionnelles interroge sur les logiques d’orientation à l’oeuvre d’autant que ces filières comportent des périodes obligatoires de stages. C’est une difficulté supplémentaire pour les mères lycéennes qui peinent souvent à trouver un stage compatible avec leur situation de maternité.

Grâce au SAMELY, les jeunes femmes bénéficient d’un accompagnement privilégié pour leurs démarches Affelnet, Parcoursup ou de réorientation.

 

III. Lutte contre le décrochage scolaire

Le SAMELY intervient majoritairement en prévention des ruptures de parcours scolaire, mais également en reprise de parcours fragilisés, à un moment charnière des trajectoires scolaires et parentales.

En 2025, 71 % des jeunes femmes accompagnées ont validé un examen ou obtenu un diplôme. Dans ce contexte, le rôle du SAMELY ne se limite pas à l’obtention immédiate d’un diplôme, mais consiste à prévenir les ruptures, maintenir le lien avec les institutions scolaires et accompagner des trajectoires dont la réussite s’inscrit souvent dans un temps plus long, compatible avec les réalités de la parentalité adolescente.

En contexte de grossesse adolescente, le risque de rupture d’hébergement est grand est doit être prévenu. Un accompagnement vers les services sociaux est donc quasi systématique pour permettre une ouverture de droits, une recherche d’hébergement ou une mise à l’abris. Les difficultés d’accès à un logement adapté et rapide mettent en péril l’investissement scolaire et maternel.

La proposition de prise en charge mère-enfant en centre maternel augmente fortement durant l’accompagnement, passant de 15 à 38%. La recherche d’un hébergement protecteur pour la mère et l’enfant est complexe et circonscrite à quelques lieux épars dans la région.

Les jeunes femmes accompagnées par le SAMELY résident en majorité en zones urbaines, le plus souvent dans des quartiers labellisés politique de la ville. Peu stable sur le plan de l’hébergement, elles déménagent fréquemment en cours d’accompagnement, parfois dans un autre département. Les déménagements entrainent des ruptures dans les suivis médicosociaux et dans la scolarité, fragilisant l’étayage qui peut être mis en place par les partenaires.

Situation-à-la-sortie-du-dispositif
A la sortie de l’accompagnement SAMELY, 79 % des jeunes accompagnées sont engagées dans un parcours scolaire, de formation ou d’insertion, traduisant l’effet structurant de l’accompagnement sur la continuité des trajectoires.

La part de jeunes femmes en situation de NEET (22 %) est le reflet de situations transitoires, souvent liées à des contraintes liées à la maternité précoce : accouchement intervenu en cours d’année scolaire ou pendant les périodes d’examen, absence de solution de garde, instabilité du logement ou nécessité de prioriser la santé et le lien mère-enfant. Ces situations révèlent bien souvent une nécessité de réorganisations de parcours, parfois choisies, parfois contraintes, visant à sécuriser la suite de la trajectoire plutôt qu’à l’interrompre.

 

IV. Soutien à la parentalité et accompagnement de la dyade mère-enfant

 

En 2025, le SAMELY a consolidé son action de soutien à la parentalité, observer la mise en place du lien mère–enfant et réduire les freins sociaux (isolement, précarité, modes de garde), dans une logique d’intervention précoce cohérente avec les orientations des politiques publiques en faveur des tout-petits et du soutien à la parentalité.
4.1 Actions de soutien du lien mère-enfant
Cette année, le SAMELY a organisé 4 séjours sur les thématiques suivantes : Lien mère-enfant et Scolarité & parentalité qui ont permis à 40 mères et 40 bébés de partir pour une durée de cinq jours en Loire Atlantique et en Bretagne.

Ces séjours se déclinent en deux modalités complémentaires :

  • Des séjours parentalité, visant le renforcement du lien mère-enfant, le développement des compétences parentales et l’observation des interactions parent-enfant dans un cadre sécurisant et préventif
  • Des séjours de remobilisation scolaire, articulant accompagnement à la parentalité et soutien à la continuité ou à la reprise des parcours scolaires des jeunes mères.

Les séjours constituent des temps d’accompagnement essentiels pour le soutien à la parentalité avec la présence de l’équipe 24h/24. Leur mise en oeuvre est parfois complexe car il s’inscrit dans la réalité d’un public adolescent, marqué par des situations instables pouvant entraîner des mobilisations tardives ou des ajustements de dernière minute. Cette contrainte opérationnelle nécessite une forte mobilisation de l’équipe avant le départ et traduit la nécessité d’une organisation souple, adaptée aux besoins des jeunes mères accompagnées.

En complément des séjours, des ateliers sont organisés tout au long de l’année pour soutenir les compétences parentales des jeunes femmes dans les six départements couverts par le SAMELY.

En 2025, 53 ateliers collectifs ont été organisées dans les différents territoire, comptabilisant 254 participations de mères et 172 d’enfants.

4.2 Articulation avec les relais de la petite enfance
L’accès à un mode d’accueil constitue un levier essentiel pour assurer la continuité des parcours scolaire, de formation et d’insertion professionnelle. Les données 2025 mettent en évidence l’impact du SAMELY dans l’obtention d’un mode d’accueil adapté et formel.

Le contexte national de tension concernant l’offre d’accueil du jeune enfant renforce la nécessité d’un accompagnement de proximité pour soutenir les démarches des jeunes mères et anticiper les freins à l’obtention d’une place (temporalité des demandes, calendrier des commissions, plateforme numériques…).

Répartition des modes d'accueil du jeune enfant
En 2025, 77 % des enfants bénéficient d’un mode d’accueil stable à la sortie du dispositif, tout en laissant subsister des situations sans solution, révélatrices des tensions persistantes de l’offre d’accueil sur certains territoires.
4.3 L’enfant : besoins repérés et particularité territoriale
L’accompagnement du SAMELY prend en compte l’enfant comme sujet à part entière : ses besoins de protection, de stabilité, de soins, de socialisation et de développement. Cette approche implique de travailler simultanément la stabilité du quotidien (hébergement, ressources, soins) et les conditions favorables au développement de l’enfant (rythmes, interactions, éveil, environnement).
Les données 2025 soulignent l’importance d’un soutien quotidien à la relation mère-bébé, surtout dans les premières années après la naissance.

  • A l’entrée dans le dispositif, 15 % des jeunes femmes bénéficie d’un accueil au sein d’un centre maternel ou parental.
  • Cette proportion s’élève à 30 % pendant l’accompagnement.
  • Enfin, elles sont 24 % à la sortie.

L’accompagnement des compétences parentales, dans un cadre sécurisant pour la mère et l’enfant, permet de prévenir l’épuisement maternel et de limiter les risques de maltraitance.
Cependant, l’offre de solutions d’accueil et d’hébergement, ainsi que l’accès aux dispositifs de droit commun, varient fortement selon les départements. Cette hétérogénéité exige une organisation capable de s’adapter, d’anticiper les ruptures et de coordonner finement les acteurs autour de la dyade mère-enfant.

 

V. Prise en compte des enjeux de santé et de santé mentale

 

5.1 Repérage des fragilités et besoins en santé
L’accès à un mode d’accueil constitue un levier essentiel pour assurer la continuité des parcours scolaire, de formation et d’insertion professionnelle. Les données 2025 mettent en évidence l’impact du SAMELY dans l’obtention d’un mode d’accueil adapté et formel.

Le contexte national de tension concernant l’offre d’accueil du jeune enfant renforce la nécessité d’un accompagnement de proximité pour soutenir les démarches des jeunes mères et anticiper les freins à l’obtention d’une place (temporalité des demandes, calendrier des commissions, plateforme numériques…).

5.2 Action de soutien en santé mentale en 2025
  • 28 % des jeunes accompagnées ont un suivi psychologique déjà mis en place au début de l’accompagnement et 53 % bénéficient d’un suivi pendant l’accompagnement
  • 109 participations à des groupes de parole
  • 73 ateliers organisés par les psychologues lors des actions collectives.
  • 140 jeunes femmes rencontrées en entretiens ponctuels ou réguliers, permettant un repérage des fragilités psychiques et un soutien ajusté.
  • Au total : 423 jeunes femmes et 231 bébés touchés par l’ensemble de ses actionsLes difficultés psychiques en période périnatale sont largement documentées et renforcent la pertinence d’un repérage précoce et d’un accompagnement gradué, articulé avec les soins de droit commun.

L’orientation vers des services de santé mentale ou de psychiatrie demeure parfois contrainte par des délais d’attente et une offre inégale selon les territoires. Dans ce contexte, le SAMELY joue un rôle d’interface : repérer, soutenir, coordonner et sécuriser, sans se substituer aux dispositifs de soins.

5.3 Eclairage clinique et analyse qualitative de l’accompagnement
L’analyse clinique issue de l’accompagnement psychologique met en évidence un écart fréquent entre les situations vécues par les jeunes femmes et ce qu’elles identifient ou nomment comme relevant de violences ou de souffrances psychiques.

En effet, 53% des jeunes femmes accompagnées se déclarent victimes de violences. Cette proportion de jeunes se reconnaissant victimes de violences appelle une lecture prudente des données. Ces chiffres ne reflètent en effet qu’une partie des situations vécues. Certaines expériences, bien que marquées par des atteintes significatives, ne sont pas immédiatement reconnues comme telles par les jeunes mères elles-mêmes.

Les situations les plus complexes nécessitent parfois la rédaction d’une information préoccupante. Ainsi, en 2025, 42 situations ont fait l’objet d’un signalement dont 8 portés par le SAMELY.

L’accompagnement psychologique s’inscrit ainsi dans une temporalité progressive, permettant un travail de mise en mots, d’identification et de compréhension des vécus, en respectant le rythme de chaque jeune femme. Ce processus constitue un levier essentiel pour favoriser l’adhésion à l’accompagnement, renforcer le sentiment de sécurité et soutenir l’émergence d’une demande d’aide adaptée. Il contribue également à la stabilisation de la relation mère-enfant, en soutenant les compétences parentales naissantes et en accompagnant les interactions précoces au sein de la dyade.

 

VI. Lutte contre les exclusions et l’isolement sociale

 

Les données 2025 mettent en évidence des parcours marqués par la précarité économique, la fragilité des soutiens familiaux et institutionnel. Cela nous permet aussi, dans une certaine mesure, d’évaluer l’impact de l’action du SAMELY :

  • Ressources financières insuffisantes : 71 % à l’entrée  >  40 % à la sortie
  • Bénéficient d’un suivi social : 62 % à l’entrée  >  85 % à la sortie.

La lutte contre l’exclusion et l’isolement social repose en amont sur une capacité de repérage précoce des situations de vulnérabilité, rendue possible par un maillage partenarial structuré. L’intervention des partenaires de proximité, en particulier des PMI et des établissements scolaires, constitue ainsi un levier déterminant pour prévenir l’installation durable de l’exclusion.

Dans ce contexte, le SAMELY occupe une fonction d’interface territoriale, en assurant la coordination entre les acteurs éducatifs, sanitaires et sociaux, et en favorisant l’orientation vers des accompagnements adaptés. Cette logique partenariale contribue à inscrire les jeunes mères dans des réseaux de soutien, condition essentielle pour rompre l’isolement social et sécuriser les parcours dès les premières étapes de l’accompagnement.

6.1 Isolement social, configurations familiales et sécurisation résidentielle
Les situations d’isolement social observées en 2025 sont étroitement liées aux configurations familiales et aux conditions d’hébergement des jeunes femmes accompagnées.
Situation d'hebergement
La configuration familiale constitue un facteur structurant de cet isolement : 35 % des mères exercent seules l’autorité parentale. Lorsque l’autorité est conjointe, l’implication effective du père est souvent limitée, renforçant la charge maternelle et l’isolement relationnel.

Dans ce contexte, l’orientation vers des solutions d’hébergement adaptées (centres maternels et parentaux) s’inscrit dans une logique de stabilisation et d’étayage du lien mère-enfant. Environ un tiers des jeunes femmes accompagnées sont hébergées pendant une moyenne ou longue durée en centre maternel. L’augmentation des orientations au cours de l’accompagnement reflète un repérage progressif des vulnérabilités, parfois invisibles à l’entrée, et une adaptation des réponses en lien avec les partenaires territoriaux.

6.2 accès aux droits ressources et inclusion sociale
La lutte contre l’exclusion se traduit également par un renforcement de l’accès aux droits et des ressources. L’étroite collaboration de l’équipe du SAMELY avec les services sociaux (SSD, CCAS…) vise une réduction des situations de non-recours et un accès progressif aux dispositifs de droit commun.

Ces évolutions s’inscrivent dans les orientations nationales portées par le Haut Conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge (HCFEA) et par la stratégie des 1000 premiers jours, qui rappellent le rôle déterminant de l’accès aux droits, de la prévention précoce et de la sécurisation des conditions de vie dans la lutte contre l’isolement social et les inégalités dès la petite enfance.

CONCLUSION ET PERSPECTIVES 2026

L’année 2026 s’inscrit pour le SAMELY dans un contexte marqué par une précarisation croissante des jeunes femmes accompagnées. Les situations rencontrées apparaissent plus complexes, cumulant fragilités sociales, isolement familial, instabilité résidentielle, vulnérabilités psychiques et difficultés d’accès aux droits. À ces réalités s’ajoutent des parcours migratoires parfois marqués par des ruptures, des traumatismes ou une méconnaissance des dispositifs, renforçant le risque d’invisibilisation et de non-recours aux services de droit commun.

Dans ce contexte, l’enjeu du SAMELY en 2026 est la consolidation qualitative des accompagnements, afin de répondre avec finesse et cohérence à des situations de plus en plus imbriquées.

Le renforcement des partenariats stratégiques constitue un axe central. Face à des dispositifs souvent saturés, le SAMELY poursuivra son travail de coordination avec les acteurs de l’éducation, de la périnatalité, de la santé et de la santé mentale. L’objectif est de fluidifier les parcours, sécuriser les orientations et éviter les ruptures, en confortant son rôle d’acteur pivot, complémentaire des dispositifs existants.

La montée des fragilités psychiques observées chez les jeunes femmes accompagnées appelle également une attention accrue aux enjeux de santé mentale. La formation des équipes en matière de transculturalité, l’amélioration du repérage des situations de violence avec l’élaboration d’outils de repérage et le renforcement des articulations avec les partenaires spécialisés, permettront l’amélioration de l’accompagnement dans une logique de prévention, de protection et de sécurisation des parcours.

Les disparités territoriales et les contraintes de financement invitent également à une vigilance accrue. Les réponses devront être adaptées aux réalités locales sans compromettre l’équité d’accompagnement. Dans un environnement budgétaire contraint, la lisibilité des actions et le dialogue avec les partenaires et financeurs seront déterminants pour garantir la continuité des projets au bénéfice des jeunes femmes les plus vulnérables.

Enfin, une attention particulière sera portée à la valorisation du travail « invisible » d’accompagnement : temps d’écoute, soutien informel, coordination, médiation et sécurisation progressive des situations. Ce travail, essentiel dans des contextes de grande précarité, constitue le socle d’un accompagnement ajusté et respectueux des rythmes et des capacités des jeunes femmes.

Ainsi, 2026 s’inscrit comme une année de consolidation et d’exigence qualitative, au service d’un objectif prioritaire : renforcer la protection, l’autonomie et l’inclusion de jeunes femmes dont les situations se fragilisent et nécessitent un accompagnement toujours plus attentif, coordonné et adapté.

Annexe

Rapport d’activités 2024

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> INTRODUCTION 2024

Préface – la dynamique de réseau, une nécessité pour accompagner les jeunes mères

I. Les chiffres

  • Les chiffres 2024

III. Lutte contre l’exclusion et l’isolement

  • Ruptures familiales et instabilité de l’habitat
  • Monoparentalité et précarité économique 
  • Lutte contre l’isolement

IV. Soutien à la parentalité

  • Santé mentale : accompagnement et orientation
  • Protections des mères et de leur enfant

> INTRODUCTION

     

L’association PEP 75 oeuvre depuis plus de 100 ans dans le champ de l’éducation populaire. Guidée par des valeurs de solidarité, laïcité et inclusivité, elle développe des services permettant l’accès à l’éducation, aux loisirs, à la culture et aux vacances pour tous, en concourt aux politiques publiques. Rattachée au niveau national à la fédération des PEP, elle est favorisée, dans son déploiement, par les antennes départementales PEP locales.

Il y a 11 ans le SAPAD de Paris, service académique qui soutient la scolarité des élèves malades, piloté par les PEP 75, repère une problématique de décrochage scolaire chez les élèves enceintes ou mères. Au sein de l’éducation nationale, il n’existe ni statut, ni dispositif pour prendre en charge ce public singulier et particulièrement vulnérable qui se tient par ailleurs éloigné des institutions. Pour répondre aux problématiques spécifiques des mères adolescentes et de leur bébé, l’association créé le dispositif SAMELY (Service d’Accompagnement des MÈres LYcéennes).

Expérimenté à Paris, le dispositif s’étend progressivement en Seine-et-Marne, en Essonne, en Seine-Saint-Denis, dans le Val d’Oise et dans les Yvelines grâce au soutien financier indispensable du Conseil Régional, de l’ARS, de l’Etat, des Conseils Départementaux et des CAF.

Un accompagnement global est assuré par un binôme coordinatrice scolarité- insertion et psychologue sur chaque département. Il permet un repérage au long cours, des problématiques rencontrées par les adolescentes. Ainsi le dispositif s’engage dans une lutte contre deux risques majeurs : le décrochage scolaire et l’isolement. La déscolarisation est un risque d’exclusion pour la mère et de pauvreté pour son enfant. L’isolement est une menace pour la santé mentale de la mère et pour la qualité de la relation avec son enfant.

L’accompagnement individuel proposé par la coordinatrice scolarité-insertion et la psychologue ; la mise en lien avec les services de droit commun en fonction des besoins repérés ainsi que les actions collectives de soutien à la parentalité sont autant de moyen de protéger la jeune mère et l’enfant des dangers qui les entourent.

L’ensemble du dispositif est piloté par des cheffes de services réparties en trois pôles qui garantissent l’uniformité et la qualité du service dans les six départements tout en prenant en compte les spécificités territoriales. Elles sont également garante d’un lien de proximité avec les partenaires qui soutiennent le projet afin de permettre une visibilité sur l’évolution des problématiques. Enfin une direction opérationnelle et associative soutien le projet dans sa globalité, étayé par un conseil d’administration qui les accompagne dans les prises de décisions à long terme.

C’est l’ensemble de l’association, riche de plus d’une centaine d’année d’existence, qui vient épauler ce dispositif novateur qui a aujourd’hui fait ses preuves et se consolide année après année.

 

I. Les chiffres

  • Les chiffres 2024

En 2024, 276 lycéennes enceintes ou mères ont été accompagnées par le SAMELY :

 

  • Une moyenne d’âge interdépartementale de 17,4 ans à l’orientation.
  • L’écart d’âge varie de 13 à 22 ans lors de l’orientation.
  • 31% des jeunes femmes ont 16 ans ou moins.

Ces chiffres, calculés à un instant T, sont à relativiser car des déménagements interdépartementaux sont fréquents durant l’année. L’hétérogénéité du volume d’accompagnement est également liée au nombre de grossesses qui diffère d’un département à l’autre et à la date du déploiement (plus récent dans les Yvelines). Enfin, les mouvements interne à l’équipes peuvent également impacter le nombre de suivis annuels.

01-Partenaires orienteurs

L’éducation nationale, partenaire historique du dispositif continue d’orienter près de la moitié des jeunes mères. Infirmières et assistantes sociales scolaires sont souvent, avec la PMI, les premiers professionnels à repérer les grossesses précoces. La diversité des partenaires orienteurs correspond à la multitude de champs d’intervention en lien avec le public des mères adolescentes (scolarité, périnatalité, éducation spécialisé, aide social, protection de l’enfance…).

Les trois missions du dispositif : lutte contre le décrochage scolaire, lutte contre l’exclusion, l’isolement et soutien à la parentalité peuvent être assurés en coordination avec les partenaires éducatifs, médicaux et sociaux, dans un travail de réseau fort.

 

II. Lutte contre le décrochage scolaire

02-Lutte contre le décrochage scolaire

Lors de l’orientation vers le SAMELY, 49% des jeunes femmes sont en situation de décrochage scolaire ou déscolarisées depuis moins d’un an. Dans ces situations, déscolarisation et décrochage scolaire précède la grossesse et peuvent même être des facteurs l’ayant favorisé. Les motifs sont variés : orientations subies, faible niveau, phobie scolaire… Le risque de rupture scolaire définitive s’accentue avec la grossesse. En cause : peur du stigmate social, inconfort physiologique ante et post-natal, multitude des rendez-vous médicosociaux à observer, absence de mode d’accueil, ruptures familiales, violences.

67% des jeunes femmes sont scolarisées dans des filières professionnelles (CAP/BAC PRO) qui comportent des périodes obligatoires de stages. C’est une difficulté supplémentaire pour les mères lycéennes qui peinent souvent à trouver un stage compatible avec leur situation de maternité.

En lien avec les équipes pédagogiques des établissements scolaires, le SAMELY identifie les freins et accompagne les jeunes femmes pour favoriser un maintien ou une reprise de scolarité ou une entrée en formation. Le SAMELY se propose d’être l’interface privilégié entre l’école, l’adolescente et sa famille afin que des adaptations soient trouvées (APADHE, dispense, redoublement, dérogation de stage, envoie des cours à domicile).

Parmi les secteurs les plus représentés, 47 % des jeunes femmes sont scolarisées dans les filières du commerce et de l’administration, 35% dans le secteur du soin et du service à la personne et 10% dans le domaine de l’hôtellerie et restauration. Ces secteurs sont connus pour la pénibilité des conditions de travail : posture debout prolongée, horaire de travail décalé, port de charges lourdes, etc. Pour les jeunes mères élevant seule leur enfant, sans relais à leur parentalité, un travail de redéfinition du projet professionnel est souvent mené avec les CIO afin de rendre compatible leur projet professionnel et leur réalité de mère isolée.

Grace au SAMELY, les jeunes femmes bénéficient d’un accompagnement privilégié pour leur démarche Affelnet, Parcoursup ou de réorientation.

Si 18% sont concernées par un logement précaire et instable à l’orientation, ce chiffre qui reste préoccupant, diminue à 8% à la sortie. La précarité locative, souvent liée à la précarité économique génère un stress et un sentiment d’incertitude parasite aux projections scolaires et parentales. La mise en lien avec les institutions est primordiale pour tenter de lutter contre l’exclusion sociale de ce public qui se rend difficilement vers les services de droit commun. A plus forte raison lorsque l’hébergement recherché doit allier étayage à la relation mère-enfant et mise à l’abri.

Les jeunes femmes accompagnées par le SAMELY résident en majorité en zones urbaines et vivent le plus souvent dans des quartiers labellisés politique de la ville. Peu stable sur le plan de l’hébergement, il n’est pas rare qu’une partie d’entre elles change de département durant les deux ans d’accompagnement et réside et soit scolarisée sur un autre.

  • Scolarité en sortie de dispositif

Au niveau nationale, seule 25 à 50% des adolescentes enceintes poursuivent leur scolarité1.

En 2024, grâce à l’accompagnement du SAMELY, 84% des adolescentes suivies ont poursuivi leur scolarité, leur formation ou sont entrées en emploi. Elles sont également 73% à avoir obtenu leur examen (Brevet, BAC, CAP et BTS).

Scolarité en sortie
  • Monoparentalité et précarité économique

La mise en place de l’APADHE (accompagnement pédagogique à domicile, à l’hôpital ou à l’école) permet d’assurer la continuité des apprentissages par l’organisation de cours à domicile. 16 demandes ont abouti en 2024. Le faible taux de mise en place comporte différentes explications : département d’habitation différent de celui de la scolarité, hébergement précaire (chez une tierce personne, suroccupation, hôtel…) sentiment d’être dépassée..

La proportion de jeunes femmes en NEET (sans formation, ni scolarité, ni emploi) correspond le plus souvent à des jeunes femmes pour lesquelles la problématique du mode d’accueil (9% sans solution d’accueil en fin d’accompagnement), de l’hébergement, des ressources ou de la santé mentale n’a pas été résolu. Plus rarement, on retrouve dans cette catégorie, des jeunes femmes de nouveau enceintes ou souhaitant s’occuper de leur bébé.

Le maintien en activité scolaire ou en formation est un gage d’inclusion pour les mères adolescentes et leur garanti à terme une autonomie qui les prémunit de possibles violences. C’est aussi le pari d’une meilleure relation mère-enfant, plus harmonieuse, moins impactée par la précarité et d’une meilleure estime de soi pour la mère.

1 Rapport gynécologie sans frontières 2011

 

III. Lutte contre l’exclusion et l’isolement

  • Ruptures familiales et instabilité de l’habitat
hebergement

En contexte de grossesse adolescente, le risque de rupture d’hébergement est grand est doit être prévenu. Un accompagnement vers les services sociaux est donc quasi systématique pour permettre une ouverture de droits, une recherche d’hébergement ou une mise à l’abris. Les difficultés d’accès à un logement adapté et rapide mettent en péril l’investissement scolaire et maternel.

La proposition de prise en charge mère-enfant en centre maternel augmente fortement durant l’accompagnement, passant de 15 à 38%. La recherche d’un hébergement protecteur pour la mère et l’enfant est complexe et circonscrite à quelques lieux épars dans la région.

Les jeunes femmes accompagnées par le SAMELY résident en majorité en zones urbaines, le plus souvent dans des quartiers labellisés politique de la ville. Peu stable sur le plan de l’hébergement, elles déménagent fréquemment en cours d’accompagnement, parfois dans un autre département. Les déménagements entrainent des ruptures dans les suivis médicosociaux et dans la scolarité, fragilisant l’étayage qui peut être mis en place par les partenaires.

Les ruptures avec l’environnement familial, l’exil, l’écart entre les préoccupations de leurs paires et les leurs, ainsi que l’absence d’un co-parent suffisamment présent, renforcent l’isolement des jeunes mères. Ce sentiment tend à enfermer les jeunes femmes, à les démobiliser, leur faisant perdre toute confiance en elle et en leur compétence.

Si 61% des pères reconnaissent leur enfant, seuls 52% des géniteurs prennent part à l’éducation de ces derniers.

Concernant le contexte de ces naissances, il est important de spécifier que la quasi-totalité des grossesses n’était pas anticipée et qu’une partie est la conséquence de viols. Il est à noter également que rare sont les parents vivant en couple et participant quotidiennement à l’éducation de l’enfant. Le jeune âge des parents lorsqu’ils sont en couple rend difficile l’accès à un logement autonome ou à une prise en charge commune en centre parental.

co educatio,

Au niveau des ressources, 59% des mères sont bénéficiaires du RSA majoré en fin d’accompagnement. Le RSA majoré peut être versé jusqu’aux 3 ans de leur bébé si elles l’élèvent seules, sans condition de recherche d’emploi. Ce minima social est souvent la condition minimum à leur poursuite d’étude tout en assurant les charge de leur enfant. Sans ce dernier, le recours à un mode d’accueil, et la réponse aux besoins primaires de leur enfant, la recherche d’un logement ou la poursuite de leur étude relève de l’impossible. Le plus souvent, même s’il n’y a pas de rupture familiale, il est cependant très difficile pour la famille de couvrir les besoins de la jeune et de son bébé.

  • Lutte contre l’isolement

Le SAMELY, à la croisée de l’adolescence et de la maternité, construit des actions collectives de soutien à la parentalité et à la scolarité, qui favorisent la rencontre, le partage d’expériences et la création d’un lien entre toutes les jeunes femmes qui y participent. Ainsi elles encouragent la création d’un lien de confiance entre paires et la construction d’un réseau soutenant pour les jeunes mères.

Ces actions sont pensées en équipe pluridisciplinaire comme des espaces de bienveillance et de non jugement permettant de favoriser l’estime de soi, le sentiment d’appartenance groupale et le renforcement des compétences parentales. Menés par des partenaires extérieurs ou en binôme coordinatrice-psychologue, ces moments peuvent reposer sur des outils de médiation favorisant la libération de la parole et le partage des vécus.

 

IV. Soutien à la parentalité

 

Cette année encore, des actions collectives de soutien à la parentalité ont été organisé dans l’ensemble des départements. Sous forme d’atelier, de stage ou de séjours en Bretagne, ces actions offrent la possibilité aux jeunes mères de se rencontre, partager leurs expériences de la maternité et d’être soutenues dans leurs parentalité.

En 2024, ces actions ont comptabilisé :

  • 2 séjours Lien mère-enfant et 2 séjours Remobilisation scolaire, proposés à l’ensemble des mères accompagnées par le SAMELY. 40 jeunes femmes et 40 bébés ont ainsi pu partir en séjour et profiter de temps collectifs de qualité en dehors de leur quotidien.
  • 2 stages Scolarité et parentalité ont également eu lieu pendant les vacances scolaires, offrant, pour chaque stage, la possibilité à 10 jeunes femmes de venir renforcer ses apprentissages et d’échanger des moments riches avec leur enfant.

Tout au long de l’année, des ateliers collectifs ont été organisés et proposées à l’ensemble des jeunes femmes des chaque département. Totalisant, 171 participations de mères et leurs bébés (jeu libre sur le principe du lieu accueil parent enfant, éveil
sensoriel, groupes de parole avec les psychologues et/ou des professionnels de la PMI, des éducateurs jeunes enfants, le planning familial, cuisine, sophrologie, bébé nageur, cité des enfants…)

Au total, ce sont 222 mères et 185 bébés qui se sont rencontrés en séjour, en stage ou en action collective à la journée.

Les actions collectives portées par le SAMELY constituent un rempart au sentiment
d’isolement, de rejet ou d’épuisement parental dans une démarche de prévention précoce des difficultés mère-bébé. Elles nécessitent la mobilisation parfois difficile du public et peuvent par moment être réajustées, décalées ou annulées. Cette réalité inhérente au public des mères adolescentes, rend complexe l’anticipation du nombre de participantes.

  • Santé mentale : accompagnement et orientation

Au même titre que les coordinatrices scolarité et insertion, les psychologues dans une démarche d’aller vers, vont à la rencontre des jeunes femmes orientées sur le dispositif. Le but est d’évaluer leur état psychique, leur isolement, leurs ressources internes et externes, l’investissement de la grossesse et de soutenir les compétences parentales.

Avec l’adhésion des jeunes femmes, les psychologues peuvent proposer un espace d’écoute et d’expression leur permettant d’évoquer des questionnements et des angoisses liées à la grossesse et à la maternité, à leur histoire familiale, à leurs relations amicales et amoureuses, ou encore en lien avec des traumatismes résultant de violences subies, d’un trajet migratoire, etc.

En 2024, 23 groupes de parole ont été animés par les psychologues pour un total de
111 participations, ayant ainsi offert un espace de parole à 95 jeunes femmes accompagnées.

  • 50% des jeunes femmes ont vu une psychologue du service au moins une fois.
  • 19 % ont bénéficié d’un accompagnement psychologique, à leur demande

Un entretien post-natal systématique (EPN) est proposé par les psychologues dans les premières semaines qui suivent la naissance. Il est mis en place pour aborder l’accouchement, le vécu psychologique de la mère, les premiers soins apportés à l’enfant et l’établissement du lien mère-enfant. Instauré dans une visée préventive, et en utilisant l’échelle de dépression post-natale d’Edimbourg, il est le lieu de repérage des premiers signes de baby blues ou de dépression du post-partum. Des problématiques aigues (altération du lien d’attachement, psycho-traumatisme complexes, troubles psychiatriques, violences conjugales et intrafamiliales) sont parfois repérées.

Différentes orientations vers des lieux de soin ou de prise en charge spécialisés (CMP, UMB, services d’urgences psychiatriques et pédopsychiatriques, CPIV, etc.) sont alors effectuées. Bien souvent sans succès, en raison de délais d’attente trop importants sur les services de santé mentale ou de la difficulté des jeunes femmes à se mobiliser auprès d’un nouvel interlocuteur.

Les modalités d’accompagnement proposées par le SAMELY (Visites à domicile régulières, ateliers mères-enfants de soutien à la parentalité, LAEP itinérant, ateliers de prévention autour du développement de l’enfant) permettent bien souvent de recueillir des éléments au regard de la protection de l’enfance.

  • Protections des mères et de leur enfant

57% des jeunes femmes évoquent avoir subi des violences dans leur vie. Présentes ou passées, ces violences ont un impact fort dans la vie quotidienne de jeunes femmes qui peuvent osciller entre banalisation et sidération, sans prendre la mesure de la gravité des faits subis.

La collaboration avec les associations d’aide aux femmes victimes de violences, dans les territoires est précieuse. Proposant un relais en termes d’accompagnement social et juridique, elles accompagnent les jeunes femmes dans une prise de conscience nécessaire pour s’extraire des violences et éviter les répétitions. C’est un enjeu de santé majeur pour la mère et l’enfant.

Mesure éducative adolescentes

En début d’accompagnement, 30% des jeunes femmes bénéficient d’une mesure en protection de l’enfance. En fin d’accompagnement, cette proportion évolue à 46%. Le plus souvent les mesures sont administratives et concernent des placements volontaires en centre maternel. Il arrive cependant que dans des contextes de violences intrafamiliales notamment, des mesures d’AEMO ou de placement judiciaire soient prononcées.

En 2024, au moins 13 informations préoccupantes ont été rédigées pour protéger les dyades. Elles ont principalement concerné la protection de l’adolescente mineure exposée à des violences ou prise dans des conduites à risques, notamment sexuelles.

Si un tiers des bébés bénéficient d’une mesure en protection de l’enfance, à l’image de leur mère, il s’agit d’un accueil provisoire en centre maternel. L’importance de cette proportion illustre la récurrence de nécessité d’une prise en charge adaptée pour la dyade mère-enfant dans les premières années qui suivent la naissance. Un étayage soutenant des compétences parentales dans un environnement sécurisant pour la mère et l’enfant, limite les risques d’usure, d’effondrement maternel et de maltraitance.

Plus rarement durant le temps d’accompagnement, des séparations mères bébés sont ordonnées par le juge pour protéger ces derniers. Cela a été le cas à 3 reprises au moins en 2024.

> CONCLUSION

L’année 2024 marque une nouvelle étape dans l’histoire du SAMELY, confirmant l’importance et l’impact de ce dispositif unique en faveur des mères adolescentes et de leurs enfants. L’appui offert par ce service est essentiel pour accompagner les jeunes mères dans leur parcours de vie. En leur fournissant un soutien éducatif, social, psychologique et parental, le SAMELY contribue de manière significative à leur inclusion sociale et favorise les projections d’avenir de leur enfant.

Les résultats observés cette année témoignent d’une dynamique positive : une proportion élevée de jeunes mères poursuit leur scolarité ou accèdent à une formation, réduisant ainsi les risques d’exclusion et de précarité. Les actions collectives, les séjours et les ateliers de soutien ont favorisé la création de liens et l’émergence d’un réseau de solidarité essentiel à leur épanouissement personnel et parental. Par ailleurs, l’accompagnement psychologique et social a joué un rôle déterminant dans la prévention des violences et la protection des mères et de leur enfant. L’intervention précoce du SAMELY, le plus souvent aux alentours des quatre mois de grossesse a également permis de soutenir les premiers liens et de favoriser un attachement sécure et ainsi le développement harmonieux du bébé.

Le SAMELY constitue un dispositif unique à l’intersection de la scolarité, de la santé, du social et de la parentalité, faisant de cette complémentarité une véritable force au service des jeunes mères. Toutefois, son avenir repose sur des défis majeurs. Dans un contexte économique incertain et marqué par des restrictions budgétaires, il est essentiel de garantir la pérennité du dispositif tout en veillant à lutter contre les inégalités territoriales. Cela implique de dépasser les logiques de segmentation des financements qui peuvent fragiliser l’accompagnement global et cohérent des bénéficiaires.

L’avenir du SAMELY dépend aujourd’hui d’une reconnaissance institutionnelle renforcée et d’un engagement collectif des partenaires financiers pour favoriser l’égalité des chances. En poursuivant son action avec détermination, l’association PEP 75 réaffirme son engagement en faveur d’une société plus inclusive, où chaque jeune mère, quel que soit son parcours, peut accéder aux ressources nécessaires pour construire un avenir stable et épanouissant pour elle et son enfant.

Annexe 1 : Bilan quantitatif des actions de soutien à la parentalité

LE SAMELY

  Service d’Accompagnement des MEres LYcéennes

Coordinatrices scolarité et insertion 

Pour le Département de Paris :
Psychologue : 06 15 46 92 09
Coordinatrice : 06 20 98 08 61

Pour le Département de La Seine et Marne :
Psychologue : 06 46 26 70 28
Coordinatrice : 06 10 94 54 42

Pour le Département de L’Essone
Psychologue : 06 46 26 70 28
Coordinatrice : 06 03 85 14 37

Pour le Département de La Seine- Saint-Denis :
Psychologue : 06 15 46 92 09
Coordinatrice : 07 56 21 27 81

Pour le Département du Val d’Oise :
Psychologue : 07.78.57.06.11
Coordinatrice : 06.46.61.03.41

Pour le Département des Yvelines :
Psychologue : 07.78.57.06.11
Coordinatrice : 07 52 67 06 50

Responsables

Directrice adjointe,
Secteur pédagogique et médico-social

Mélanie JACQUEMOND
Tel: 06 09 86 22 91
m.jacquemond@pep75.org

Responsables SAMELY / Secteur Sud
Sarah MACHROUH
Tel: 06 14 38 66 42
s.machrouh@pep75.org

Responsables SAMELY / Secteur Nord
Margot LOISEAU

Tel: 06 20 62 12 60
Responsable.samelynord@pep75.org

 

Siège PEP75

149 rue de Vaugirard
75015 PARIS

 

LE SAMELY

Service d’Accompagnement
des MEres LYcéennes

Coordinatrices scolarité et insertion

Pour le Département de Paris :
Psychologue : 06 15 46 92 09
Coordinatrice : 06 20 98 08 61

Pour le Département de La Seine et Marne :
Psychologue : 06 46 26 70 28
Coordinatrice : 06 10 94 54 42

Pour le Département de L’Essone
Psychologue : 06 46 26 70 28
Coordinatrice : 06 03 85 14 37

Pour le Département de La Seine- Saint-Denis :
Psychologue : 06 15 46 92 09
Coordinatrice : 07 56 21 27 81

Pour le Département du Val d’Oise :
Psychologue : 07.78.57.06.11
Coordinatrice : 06.46.61.03.41

Pour le Département des Yvelines :
Psychologue : 07.78.57.06.11
Coordinatrice : 07 52 67 06 50

Responsables

Directrice adjointe,
Secteur pédagogique et médico-social

Mélanie JACQUEMOND
Tel: 06 09 86 22 91
m.jacquemond@pep75.org

Responsables SAMELY / Secteur Sud
Sarah MACHROUH
Tel: 06 14 38 66 42
s.machrouh@pep75.org

Responsables SAMELY / Secteur Nord
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Tel: 06 20 62 12 60
Responsable.samelynord@pep75.org

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149 rue de Vaugirard
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© 2025 LE SAMELY  Tous droits réservés

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